Patrick S.

 

Patrick SOTTEJEAU

67 ans, retraité directeur adjoint des systèmes d'information de Tours Métropole

FOP et Myxome




Je suis un sportif de bon niveau, j’ai couru beaucoup de marathons et participé à plusieurs trails.

J’étais donc en parfaite santé, souvent contrôlée lors de ces différents challenges sportifs.

En mai 2024, j’ai fait un AIT (accident ischémique transitoire) et lors des examens (car cet AIT n’avait pas de raison d’avoir eu lieu) on me découvre un FOP (foramen ovale perméable). Le FOP est une communication entre les deux oreillettes du cœur qui ne s'est pas complètement fermée à la naissance.  Il est présent chez environ un tiers de la population et surtout, c’est sans conséquence pour le cœur, la majeure partie des personnes ne savent même pas qu’elles en sont affectées.

Vu mon âge et les recommandations de la Société européenne de cardiologie (ESC), la décision a été prise initialement de ne pas refermer cette malformation.

A la Pentecôte 2025, un matin, je me réveille, la partie droite de mon corps m’était inconfortable, je n’arrivais pas à tenir ma main ouverte et comme en tant que sportif, je suis très à l’écoute de mon corps, j’ai de suite contacté les urgences et ai été envoyé au service des urgences neurologiques car je faisais un AVC.

Suite à cet AVC et après concertation entre neurologues et cardiologues, la décision a été prise de refermer le FOP.

Le jour de l’intervention, une échographie transœsophagienne a été réalisée, au cours de laquelle il a été découvert que j’avais un myxome dans l’oreillette gauche (un myxome est une tumeur bénigne). Celui-ci était à proximité du FOP. Il pourrait être la cause de mon AVC (car parfois, des petits morceaux de cette tumeur se décrochent et se promènent dans l’organisme).

Nouvelle décision prise : ablation du myxome et remplacement de la paroi mal refermée (cause du FOP).

J’ai donc été opéré à cœur ouvert, avec sternotomie, mise à l’arrêt du cœur le temps de l’opération.

J’ai très mal vécu cette opération. Car à la base, j’étais venu me faire opérer d’une chose relativement bénigne, qui aurait nécessité une très courte hospitalisation et je me retrouve hospitalisé plusieurs jours. J’ai aussi très mal vécu le fait de me sentir diminué. Cette expérience a vraiment été très traumatisante. Vu ma condition physique, personne, que ce soit moi ou dans mon entourage, n’aurait pu penser qu’un jour je sois opéré du cœur.

Suite à cette opération, je suis allé en centre de rééducation cardiovasculaire, mais ma rééducation a été très limitée, car étant sportif, mon cœur était en bon état, mon hygiène de vie parfaite.

J’ai beaucoup marché, fait du vélo, appris à gérer ma sternotomie et surtout, j’ai eu un très bon suivi psychologique avec séances d’EMDR.

Depuis, je suis rentré chez moi et les choses reprennent leur cours petit à petit.
Je continue à consulter une psychologue, pour continuer l’acceptation de ce qui m’est arrivé et aussi, pour éviter le contre coup psychologique proprement lié à ladite opération.

Je n’ai qu’une hâte : enfiler à nouveau mes chaussures de running et reprendre plaisir à courir.

Je suis très admiratif du travail effectué par les cardiologues et toutes les personnes du service de cardiologie. Ce sont des magiciens du cœur.

Désormais, je suis conscient que personne n’est à l’abri.

La vie, et la liberté qu’elle nous offre, lorsqu’on est en bonne santé est une chose précieuse.



Vu ma condition physique, personne, que ce soit moi ou dans mon entourage, n’aurait pu penser qu’un jour je sois opéré du cœur. Désormais, je suis conscient que personne n’est à l’abri.

La vie, et la liberté qu’elle nous offre, lorsqu’on est en bonne santé est une chose précieuse.