Maya

 Maya Brunebarbe

47 ans, professeure des écoles

Embolie pulmonaire



Une douleur costale assez vive s'est fait ressentir un jeudi soir. Comme je faisais beaucoup de sports de combat, je me suis dit que j'avais dû recevoir un coup. Le lendemain matin, je crache un peu de sang et toujours ce mal lancinant ainsi que du mal à respirer sans douleur. Quelque chose semble me perforer de part en part. Je reste tranquille toute la journée. Le week-end se passe tant bien que mal. 

Les douleurs s'amplifient et je peine à lever mon bras gauche. Je sens qu’il y a quelque chose et pourtant, je refuse d'aller aux urgences. Je tiens absolument à faire la dernière séance de piscine avec mes élèves le lundi. On est un 1er avril. Toute la journée du lundi, je mets la douleur sous silence. Je fais classe et piscine mais tout devient de plus en plus difficile. Mon mari vient me chercher pour m'emmener chez notre généraliste. Je n'y arriverais jamais…Tout n’est que douleur. La ceinture de sécurité est un supplice. J’étouffe. J’ai mal à chaque soubresaut de la voiture. Je respire par petits à-coups. La douleur est intense et de plus en plus vive. Rien ne me calme. J'ai l'impression que je vais mourir tellement j'ai mal. Je me répète « non, pas comme ça, pas devant mon mari ». 

Mon mari finit par s'arrêter sur le bas-côté et les pompiers arrivent. Je suis transférée à l’hôpital. J’y resterais 5 jours. Embolie pulmonaire. Ce jour-là, j'ai eu peur. Très peur de mourir. Je ne voulais plus de cette douleur. Je voulais que ça s’arrête. J’ai mis du temps à m’en remettre psychologiquement.

Maintenant, je me dis que c'est derrière moi. La seule chose qu’il me reste de cet épisode, ce sont des anticoagulants que je dois prendre matin et soir, à vie.

Ma devise est : « Oublie que t'as aucune chance, vas-y, fonce »