Joëlle Jaroussac
71 ans, retraitée
Accident vasculaire Cérébral – Artérite des membres inférieurs
Le début a été difficile, car il a fallu trouver mon diagnostic.
Au départ, j’avais mal dans les jambes. On a pensé que c’était mon dos, des problèmes d’articulation. Je devais rentrer à l’hôpital pour faire des infiltrations et en fait, ils ont trouvé du diabète donc ils ne me l’ont pas fait, et finalement après je ne suis pas retournée. C’est ma cardiologue, parce-que j’étais quand même assez fatiguée et que j’avais fait un AVC en 2021, qui a trouvé que je faisais de l’anémie. On a fait une prise de sang puis un bilan complet avec des Dopplers ; les médecins ont suivi ce que ma cardiologue a programmé. Mon médecin traitant me renouvelle mon ordonnance des médicaments et contrôle la prise de sang pour le diabète.
J’ai eu plusieurs opérations aussi. L’hôpital, les piqûres et tout ça, ça ne me dérange pas vraiment, mais ce qui est dur, c’est de me sentir diminuée. C’est ce qui est le plus difficile.
J’ai toujours plus ou moins mal aux jambes mais moins que ça l’a été. Je ne ferai pas des kilomètres. C’est très difficile même encore aujourd’hui car je ne peux rien faire pratiquement, ni faire le ménage. Et puis avant, c’est moi qui faisais tout, donc ça, ça m’est très difficile à accepter.
Parfois, je suis un petit peu découragée mais je fais la rééducation à la marche dans un cabinet, je me force à venir régulièrement parce que sinon je ne marche pas beaucoup.
Je me suis acheté un petit caddy/déambulateur parce qu’avec la canne ça me rassure, mais si je vais trop loin, je fatigue. Avant j’avais une voisine, mais qui a déménagé, donc je me retrouve toute seule pour faire mes courses. Ma fille ou ma petite-fille m’y emmènent parfois mais je préfère autant y aller un peu toute seule, et ça me permettra de faire des petits tours, d’aller marcher un petit peu quand même.
Ce qui m’aide, c’est ma famille. Je n’aurai pas tout ça, je me laisserai beaucoup plus aller. J’ai le soutien de mes enfants et mes petits-enfants. Je les vois souvent. Ma petite-fille qui vit avec moi, c’est précieux. J’ai mon frère tous les dimanches à déjeuner, il est tout seul et comme ça, je ne suis pas toute seule non plus.
Jouer aux cartes, ça me motive aussi, ça me sauve de la solitude. J’aime bien.
J’aimerai revenir comme avant mais je sais que ce n’est pas possible alors je fais avec.
Il faut sortir de chez soi, ne pas rester seul, enfermé, c’est important. Il faut vivre avec sa maladie.
Je suis assez sociable, j’aime bien être avec d’autres gens. Ça ne me dérange pas de faire des choses nouvelles. Je ne suis pas photogénique, j’ai horreur d’être sur les photos mais c’est vrai que le lieu est tellement beau, c’est magnifique. C’est une journée dont je me rappellerai longtemps.
Ce qui m’aide, c’est ma famille, c’est précieux. Et jouer aux cartes, ça me sauve de la solitude. Il faut sortir de chez soi, ne pas rester seul, enfermé, c’est important. Il faut vivre avec sa maladie.


